La filière forêt-bois : prise de conscience européenne
- Du : 06.11.2008
- Au : 08.11.2008
- À : Nancy
Organisée sous l'égide de la présidence française de l'Union européenne, une conférence internationale d'experts s'est tenue les 6, 7 et 8 novembre à Nancy autour du thème : La filière forêt bois européenne : des bio-réponses aux enjeux climatiques et énergétiques.
La capacité des forêts à lutter contre l'effet de serre a été reconnue tant par les travaux du Groupe intergouvernemental d'expert sur l'évolution du climat (GIEC) que par la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique, et le Protocole de Kyoto en tient compte pour l'attribution de « crédits carbone » aux pays signataires. Toutefois, si la forêt est considérée comme le principal puits terrestre à carbone, comment en mesurer l'impact ? Les experts réunis à Nancy ont rappelé que la recherche doit être systémique, tenir compte de la diversité des situations locales et inclure la dimension spatio-temporelle, car la forêt au cours de son cycle de vie est à la fois puits et source de carbone.
La gestion par l'homme des forêts augmente-elle ou au contraire réduit-t elle son efficacité en tant que puits à carbone est une question qui fait l'objet de débats contradictoires. Ainsi, la collecte de bois énergie peut réduire les capacités des forêts à séquestrer du carbone, mais en contrepartie cette énergie est renouvelable et permet d'économiser de l'énergie fossile.
Dans l'état actuel, le protocole de Kyoto ne comptabilise pas le stockage du carbone dans les produits du bois, ni le fait que le bois requiert moins d'énergie pour sa transformation que ses concurrents. Les experts ont insisté sur l'effet cascade de la filière: le bois sur pied pendant un cycle long capte le carbone, puis les produits du bois servent de réservoir et, en fin de vie, peuvent être transformés en énergie. Il est urgent que l'Europe prépare un projet cohérent pour l'après 2012, date d'échéance du protocole de Kyoto.
La forêt dans le « Paquet Energie »
Voulant se positionner comme l’économie industrialisée la plus respectueuse de l’environnement, l’UE a lancé le "Paquet Energie". Objectif : réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre et intégrer 20% d’énergies renouvelables dans la consommation énergétique globale d’ici 2020 (actuellement à 8,5%).
La filière forêt-bois trouve aujourd’hui sa place dans les débats sur le développement durable. «Après 2012, l’Europe devra reconnaître la filière comme une des réponses aux enjeux climatiques», a précisé le ministre français de l’agriculture et de la pêche, Michel Barnier. L’idée consiste donc à fournir aux négociateurs des éléments permettant de préciser le rôle que tient le bois dans le cycle de carbone, dans sa concurrence avec les autres matériaux et sur le marché de l’énergie.
La palette des produits concernés par la filière tend aujourd’hui à se diversifier : chimie verte, biocarburants, électricité, chaleur, secteur électronique, etc. Une aubaine pour l’ensemble de l’industrie forestière. « À condition de structurer une gestion durable des forêts », ont souligné les experts.
Valérie Merckx, de la Commission européenne, a ainsi rappelé qu’outre la nécessité d’instaurer des règles simples et homogènes au niveau communautaire et d’aménager des politiques d’incitations équilibrées, « chaque Etat membre doit élaborer une stratégie de gestion globale de long terme, selon ses propres caractéristiques ».
Michel Barnier - Forêt et changement climatique
© Min.Agri.Fr
- Date de la mise à jour : 12.11.2008


